Après les tentatives d’arrêt de publication de Tintin au Congo, la suppression du Zwarte Piet (père fouettard) dans les célébrations officielles de la Saint-Nicolas aux Pays-Bas, la remise en cause du défilé des Noirauds à Bruxelles, aux rangs desquels nous comptons pas mal de célébrités dont notre ministre des affaires étrangères, voilà, cette année, qu’on a fait annuler un défilé folklorique pastichant les populations congolaises lors de la ducasse des Culants de Deux-Acren.
Pour une part toujours plus audible de la population, cela commence à bien faire. Ce ras-le-bol s’entend aussi au sein de l’ACRF-Femmes en milieu rural. Par exemple, l’une de nos bénévoles a témoigné de son exaspération. ” Cette fois, j’ai vraiment l’impression qu’on dépasse les bornes. (…) Notre folklore existe, nos coutumes aussi… Il ne faut pas y voir malice. Qu’en sera-t-il du Cwarmê à Malmedy où il y a également un personnage ” Lu Sâvadje-Cayèt “. Ce carnaval est pourtant classé au patrimoine immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles (…). Quand cela s’arrêtera-t-il ? “
Si notre bénévole a tenu à préciser, par ailleurs, qu’elle rejette le racisme, son interpellation à destination de la société et de notre mouvement d’éducation permanente n’est pas à prendre à la légère. D’abord, parce qu’elle se fait le reflet d’une tendance toujours plus forte au sein de la population et ensuite, parce qu’elle interroge notre rôle même d’éducation permanente face à l’évolution récente de la société et de sa capacité à appréhender son passé colonial.
De cette manière, lorsque notre bénévole demande : ” Quand cela s’arrêtera-t-il ? “, cela traduit sa déstabilisation face à cette tendance actuelle à réinterroger des pans entiers de notre folklore, de nos coutumes et de nos traditions.
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