La question de la Catalogne nourrit une fièvre médiatique peu courante. On ne compte plus les articles de quotidiens ou d’hebdomadaires, les reportages télévisés ou radiophoniques, les cartes blanches, les opinions, les analyses… Dans ce tourbillon, il n’est guère facile de réfléchir et de se forger une conviction, même embryonnaire.
A quelques jours du scrutin catalan du 21 décembre 2017, la présente analyse entend présenter un changement de perspective qui, en considérant qu’il existe des ” nationalismes majoritaires ” et des ” nationalismes minoritaires “, peut permettre de mieux appréhender des situations telles que celle qui se présente en Espagne.
La guerre de 14-18 a marqué le début du processus de démantèlement des grands empires européens – austro-hongrois, allemand, russe, britannique, français ou ottoman. Le morcellement en États-Nations est un processus long, aux raisons multiples et complexes, au rang desquelles on notera, outre les deux guerres mondiales, la décolonisation et l’éclatement de l’URSS. En 2010, Stéphane Rosière, constatant la ” fragmentation de l’espace étatique “, consacrait un article à une ” réflexion sur l’augmentation du nombre des États “. Même si ces chiffres ne fournissent que des indications incomplètes, il relevait ainsi que ” la Société des Nations (SDN) comptait moins de cinquante États membres en 1920 […] ” et que si ” les Nations-Unies comptaient 51 membres lors de leur fondation en juin 1945, l’organisation avait connu une croissance spectaculaire du nombre de ses membres […]. Ainsi, l’organisation internationale comptait 158 membres en 1989 et atteignait les 185 membres en 1994 “, pour en enfin parvenir à 193 en 2011, les deux derniers États à l’avoir rejointe étant le Monténégro en 2006 et le Sud-Soudan en 2011.
1 La question catalane, si on veut bien prendre un peu de recul, ouvre de nombreux chantiers de réflexion. En cette fin d’année 2017, à quelques jours d’un scrutin qui s’annonce étrange à plus d’un titre et au moins parce que, pour l’heure, nombre de candidats sont en prison ou en exil, nous avons retenu deux axes d’analyse. Le premier est relatif au ” nationalisme ” et est développé dans cet article. Le second axe est plus spécifiquement centré sur l’Espagne, comme État-Nation, dans ses rapports tumultueux avec la Catalogne. Il renvoie à une autre analyse dont l’ambition s’est limitée à tenter de donner à apercevoir un contexte dans lequel la question des Droits Humains se pose de façon acérée… Son titre ” La question catalane : une mise en contexte politico-historique “.
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