Une réforme des allocations de chômage entre en vigueur en ce mois de novembre 2012. A partir de ce moment, les chômeurs verront – lentement mais sûrement – leur allocation de chômage diminuer jusqu’à un montant forfaitaire. Ce montant forfaitaire minimum sera à peine supérieur au revenu d’intégration social (RIS), et sera largement en dessous du seuil de pauvreté. Le Netwerk tegen Armoede (réseau flamand de lutte contre la pauvreté) a introduit un recours auprès du Conseil d’État afin de faire suspendre l’Arrêté Royal de la ministre fédérale de l’Emploi Monica De Coninck et, finalement de le faire annuler.

L’ACRF soutient la démarche du Netwerk tegen Armoede.

Voici le texte qui a été adopté par l’ACRF lors de la journée mondiale du refus de la misère, le 17 octobre dernier à Liège.

 

“Goede dag mevrouw, meneer
Bonjour madame, monsieur,

Par ce message, nous souhaitons vous manifester notre soutien dans votre campagne et action de recours au Conseil d ‘Etat visant à annuler la réforme fédérale en matière d’allocations de chômage.

L’Action Chrétienne Rurale des Femmes s’inquiète depuis de longues années de la précarisation des ménages en Belgique. Nous sommes également extrêmement critiques sur la question des allocations sociales.

En 2010, nous avons mis sur pied une campagne pour dire « Non au taux cohabitant et à la sécurité sociale sans filet» (www.joindrelesdeuxbouts.acrf.be) . Lors de cette campagne nous avons récolté de nombreux témoignages d’hommes et de femmes, allocataires sociaux ou parents d’allocataires, plongés sous le seuil de pauvreté par l’Etat belge.

La nouvelle réforme fédérale qui entrera en vigueur au 1er novembre 2012 (dans quelques jours) nous choque d’autant plus qu’elle constitue un pas supplémentaire dans le mauvais sens que nous dénoncions en 2010.

La dégressivité des allocations de chômage, de même que l’allongement de l’allocation d’attente pour les jeunes, ne sont pas des mesures efficaces pour résorber le chômage. Nous pensons également que ces mesures reviennent à sanctionner des victimes plutôt que des coupables ! Les demandeurs d’emploi peuvent-ils être portés responsables du manque d’emploi, de notre système économique mondialisé qui entraîne des délocalisations et des restructurations incessantes ? Les demandeurs d’emploi sont-ils coupables de l’obstination des politiques dans le dogme de la croissance économique, insoutenable et sans avenir?

A cette occasion, nous souhaitons également aujourd’hui envoyer notre réconfort aux travailleurs de l’usine Ford de Genk ainsi qu’à leur famille. Le triste sort qui leur est réservé par les dirigeants de cette entreprise est inacceptable et scandaleux. Il démontre toute l’inhumanité qui prédomine dans la gestion des entreprises multinationales, de même que cette fermeture prouve leur inefficacité à nous fournir un emploi durable.

Cette enième fermeture d’usine démontre bien que les Etats doivent pouvoir réagir en « back office », et offrir une prise en charge solide aux travailleurs dépossédés de leur emploi.

Malheureusement, la politique fédérale menée en Belgique aujourd’hui est toute autre : après avoir subi une première ignominie de Ford, ces familles en subiront une seconde en se voyant précipiter dans la misère par leur propre Etat.

Au nom de tous les travailleurs avec ou sans emploi, notre mouvement demande au Conseil d’Etat, avec le Réseau Belge de Lutte contre la Pauvreté et toutes ses composantes communautaires, d’annuler la réforme opérée par le gouvernement Di Rupo en matière d’allocations de chômage.