Sociologue française, chercheuse au CNRS, Yasmine Bouagga a mené une enquête sociologique de plusieurs mois avec la dessinatrice Lisa Mandel dans la Jungle de Calais. Sur le blog du Monde.fr, elles ont raconté, sous forme de bande dessinée, le quotidien du camp.
Plein soleil a rencontré Yasmine Bouagga dans une interview au sujet de la présence des femmes dans le bidonville de Calais. Elle nous propose une analyse ” genrée ” du vécu dans la Jungle.
Y avait-il des femmes migrantes dans le bidonville ? Comment cela se passait pour elles ?
Alors qu’il y avait plusieurs milliers de personnes migrantes dans le bidonville de Calais, les femmes ne représentaient qu’une petite minorité, 5 à 10% selon les estimations. De façon générale, pourtant, les femmes constituent une proportion importante des réfugiés arrivant en Europe ; mais selon les communautés d’origine et selon les lieux de vie, elles sont plus ou moins nombreuses. Lorsque les hommes seuls sont majoritaires, les femmes peuvent se sentir en insécurité, et ce d’autant plus si elles sont isolées, si elles ne sont pas accompagnées d’un conjoint, d’un père ou d’un frère, de quelqu’un qui assure une forme de protection. De fait, les femmes migrantes étaient peu visibles dans le bidonville de Calais : celles qui vivaient dans la ” jungle ” avaient tendance à éviter un espace public très occupé par les hommes. Mais c’est aussi que les associations, depuis longtemps, avaient pris conscience de cette vulnérabilité et tenté de proposer des solutions. Ainsi, des bénévoles calaisiens avaient ouvert en 2014 un squat destiné aux femmes et aux enfants, qui ensuite a été transformé en centre d’hébergement géré par une association sous contrat avec l’État, et installé sur le site de la ” jungle “. Beaucoup parmi les femmes migrantes de Calais vivaient dans ce centre d’hébergement comptant jusqu’à 400 places, et qui était un lieu sécurisé…
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